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Autodidacte, depuis 10 ans dans la peinture. Huile et dessin, sur toile de lin.

L’ombre est sujette à interprétation.

Je me base sur plusieurs clichés, que je compile sur une seule et même toile. Je réinvente une scène de vie, qui parle de nos vies et de nos intimités.

 


Illusion et lois de l’optique
Oeuvres de CecileB à la table d’hotes ‘292’ – 95 rue St Laurent – Grenoble

C’est une collection pour le moins insolite que présente le 292 table d’hôtes jusqu’au 14 septembre. A l’évidence, il s’agit bien de toiles, du lin tendu sur un chassis, couvertes de surfaces monochromes délimitées par un dessin très strict.

Mais elles dérangent notre vision traditionnelle de la peinture, en ceci qu’elles se réfèrent à d’autres arts dont la photographie, et se jouent de notre sens de la perception.
Si la photo nous laisse supposer que nous captons en un éclair de seconde une image adéquate de la réalité, il suffit de retourner le bout de celluloide revêtu d’une couche de gélatine rapidement illuminée, pour découvrir des formes inhabituelles.

Les visages paraissent blancs, enflés, nous les discernons à grand peine. Il faut l’épreuve du révélateur pour qu’apparaisse la figure familière.
C’est de cette inversion dont procèdent les peintures de CecileB. Certes, elles nous donnent à voir un positif, un réel, mais décomposé en flaques, en tâches flasques, en sorte d’ectoplasmes, dont on ne perçoit l’unité qu’en se situant à bonne distance.

Ainsi notre vue se retrouve t-elle désemparée, puis ravie, par l’effet de quelques pas en arrière ou en avant. Un instant, nous ne distinguons qu’un archipel de tâches isoléees, dépourvu de signification. Puis, lorsqu’on découvre le point de mire, la figure est restituée nous offrant à voir des motifs psychédéliques, comme on en découvre dans maintes peintures d’Andy Warhol.

Ce jeu avec les lois de l’optique est non seulement plaisant, mais aussi riche d’enseignement.
Il nous renseigne sur notre fragile position de spectateur qui peut, à chaque moment être leurré. Curieusement, ceci rejoint les enseignements du plus grand ethnologue du XX siècle,
Claude Lévi-Strauss, qui dans un supberbe essai « Le regard éloigne », indique la meilleure position que doit adopter celui qui se mèle d’observer d’autres civilisations: ni trop près, ni trop loin, c’est là qu’on trouve le meilleur point.

En voulez-vous une preuve? Faîtes-vous tirer le portrait et laissez le reproduire par CecileB. Vous connaîtrez alors cet étrange processus de dissolution et dislocation, qui ressucitera votre face sous un jour nouveau.

Laurent Henrichs 16 août 2014